Et puisque nous parlons des Indonésiennes (cf article ci-dessous), on ne peut que évoquer Raden Adjeng Kartini (1879-1904). Cette fille d’aristrocrate javanais, remarquée par se beauté et son humilité, au temps où le pays était administré par un Etat à l’autre bout du monde, la Hollande. Cette figure intellectuelle fascine énormément : à la fois féministe, mais aussi nationaliste, elle se bat pour l’éducation des jeunes filles, dans une société où elles étaient relayées aux taches ménagères, suivant les difficiles codes de conduite alors à Java, en particulier dans le milieu aristrocate dans lequel elle vit. Elle se bat aussi pour la tolérance religieuse, et la fraternité entre les deux peuples, alors que les écarts de comportement sont manifestes, les indonésiens étant traité alors comme “de grands enfants”, les hollandais leur refusant qu’ils s’adressent à eux en hollandais. Heureusement son père, alors fonctionnaire indigène (bupati, régent de Jerapa), l’autorise à bénéficier d’une éducation occidentale. Elle se bat aussi contre la polygamie et le ”mariage arrangé”, alors que les jeunes filles ne découvraient leur mari que bien souvent le jour de leur mariage ! Elle ouvre une école pour jeunes filles, qu’elle dirigera avec ses deux soeurs préférées. Pourtant elle finira pas épouser un homme, veuf et plus agé qu’elle, par l’entremise de ses parents. L’homme est ouvert à ses idées, et lui permet d’ouvrir une école pour fille. Elle meurt en couche à l’âge de 25 ans.

Portrait de Kartini
Des ténèbres à la lumière
C’est le titre de son recueil de lettres écrites à des amies hollandaises, en particulier son amie Stella, féministe hollandaise qu’elle n’a jamais pu rencontrer, mais avec qui elle tisse un lien très intime. Elle y développe très modernes pour son époque, alors qu’elle vit dans une société et classe sociale cadenassée par les coutumes. Ce qui m’a marqué, c’est la détermination de cette jeune fille, mêlé d’humilité. Je ne peux que conseiller la lecture de la publication française de ses Lettres, traduites en français par Louis-Charles Damais, aux éditions de l’Ecole française d’Extrême Orient, pour moins de 15 euro. Si en Indonésie et en Hollande dans une moindre mesure, les élèves lisent ses lettres, elle rest très méconnue du public français.

Kartini
En 1912, la fondation Kartini permet d’ouvrir une école à Semarang, sa ville natale au centre de l’île de Java sur la côte Nord. Plusieurs autres écoles ouvrent par la suite suivant ce modèle dans les grandes villes. Le 21 avril est le jour Kartini en Indonésie, la journée de la femme dans ce pays. Elle donne aussi son nom à une revue pour jeunes filles.
And since we are talking about Indonesian women, I would like to introduce an unknown figure (at least for European people) : Raden Adjeng Kartini (1879-1904). Born into an aristocratic family at a time when Java was still a Dutch colony and under the rule of Holland, he father was a civil servant (bupati, Rengency Chief of Jerapa, Central Java). Kartini has a very humble, strong personality: her main fight was to bring the Indonesian girls to an equal footing than their boy counterparts. Her father allowed her to attend school until she was 12, which is actually longer than what girls could do at this time. She made her own education by reading many books, and by meeting other women from high society, especially Dutch. She read books and magazines from Europe which fed Kartini’s interest in European feminist thinking, and fostered the desire to improve the conditions of indigenous women, who at that time had a very low social status. She struggled also for brotherhood between Indonesian and Dutch people, at a time when the Indonesian were treated as ”old children”, for religious toleration and against polygamy at a time when the young girl could see her husband that her parents chose the day of her mariage. She finally married another civil servent that her parents chose, maybe because she didnt want to upset her old father. Her husband was very open to Kartini’s ideas and allow her to open a school for girls. She died at the age of 25 while giving birth to her child.
Out of dark comes Light
Kartini entertained good relations with Dutch women, because she could speak and write Dutch language which was quiet new, because she Dutch didn’t allow Indonesian to speak in Dutch. Among them, she wrote to Stella, a Dutch young woman that took part in several feminist movements in Holland. She never met her, but after she passed away, people saved her letters and published them in Out of Dark Comes Light that I really recommend.
In 1964, President Sukarno declared Kartini’s birth date, 21 April, as ‘Kartini Day’ – an Indonesian National Holiday. Kartini is also the name of a magazine for girls. Today Indonesian and Dutch pupils read her letters at school.
Pour en savoir plus sur le mouvement féminin en Indonésie / you want to know more about Indonesian Women Movement ? : cliquer ici/click here